CLARA en pince pour UNE PASSION au MARIGNY
UNE PASSION

Je suis entrée dans le Théâtre Marigny et j’ai relevé la tête … des flocons tombaient du ciel… ou des bulles peut-être, oui c’est ça je me rappelle… Au fur et à mesure de leur chute ils se transformaient en lettres, pour enfin former des mots …les mots de la bouche d’Anaïs Nin.
Ce que d’autres ont simplement rêvé, je l’ai accompli. J’ai obéi au rêve ». Une phrase, un acte, une révolte… tout comme j’aime …
Puis en transparence, l’écran en tissu qui donnait la grâce à cette jolie entrée… en matière disparait pour laisser la place, à la voix troublante de Billie Holliday… dans la clameur de l’Amérique des années 30… On entend des rires, mine de rien deux corps entrent en scène en se soutenant hilares et ivres… Anaïs au bras d’un certain Henry Miller …
Et très vite on se rend compte que ces deux-là n’ont rien de banals : ni vraiment amis, Amants, muse, époux ou épouse … mais plutôt un duo d’écorchés-vifs libres vivant le monde comme il les griffe…. Ces deux drôles d’oiseaux se grignotent, se mangent, se dévorent de l’écorce à l’âme … tour à tour l’un se nourrit pendant que l’autre s’oublie… tout cela en noircissant des lignes… Eprouver la vie bout par bout des racines jusqu’à l’arbre…!!!
Et voilà que les draps du décor bougent, se poussent, se lèvent pendant que Delphine de Malherbe, auteur et metteur en scène joue, au chef d’orchestre avec brio et nous emmène … ! Je me sens happée comme dans…un autre part, le temps et mon regard sont baladés … de droite à gauche, de haut en bas… et suspendu au fil … de cette histoire …
Le visage d’Anaïs apparait en grand, elle témoigne, « ah mais non en fait c’est Evelyne Bouix, wouah la ressemblance est tellement frappante… qu’elle en est sublime » … Elle parle d’érotisme, de sa vie, de ses amours, de son époque, de son journal comme d’un rapport sociologique… le temps se distend et on ne sait plus …vraiment où on est, tout se bouscule… nos idées chahutent entre elles … Lumière…d’autres couleurs… des voiles et nos émotions s’alternent en un véritable ballet… On en sort remué, voir secoué… car « Une Passion » ne décrit pas non seulement les amours chaotiques d’un couple légendaire mais une véritable pensée en marche … Un seule p’tit remarque, Laurent Grévill est un peu au dessus du verbe … mais bon c’était la première alors tout pardonné, et ça n’enlève en rien mon envie d’y retourner …attention mettez une bouée et préparez vous à la traversée !!!…
Clara Plume

